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 Les fortunes Amazigh (Berbères)

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mimouniabdelmalek
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MessageSujet: Les fortunes Amazigh (Berbères)   Jeu 14 Fév - 19:21




Il contrôle la politique énergétique du Maroc, possède le groupe de presse le plus riche du pays et a tissé son réseau dans les hautes sphères du pouvoir. Portrait d’un homme aussi puissant que discret.


....... Une procession de berlines défile devant une somptueuse villa du quartier Polo à Casablanca. Si Aziz, comme l'appellent ses familiers, marie en grande pompe sa belle-sœur. “Il a toujours eu le sens de la famille. Une qualité héritée de son père, Ahmed Oulhaj”, confie une relation d'affaires. Akhennouch, maître de
cérémonie, attend sur le perron d'éminents membres du gotha financier, politique et médiatique. Côté nomenklatura rbatie, Mohamed Boussaïd, ministre et ami de longue date, ainsi que Noureddine Bensouda, le directeur des impôts et accessoirement compagnon de ski à Courchevel.

“Le casting rbati aurait pu être plus prestigieux si Fouad Ali El Himma n'était pas pris par les négociations avec le Polisario aux Etats-Unis”, explique un habitué des soirées mondaines. Mais l'absence du numéro deux du régime a été compensée par la présence du monde des affaires casablancais. Moulay Hafid Elalamy, président de la CGEM, a répondu présent au rendez-vous, accompagné par une kyrielle de businessmen. “Il y avait tellement de décideurs qu'on aurait pu constituer une mission économique en bonne et due forme”, ajoute, avec un sourire, cet invité. On pouvait notamment y croiser des figures de l'amazighité économique, à l'instar de Miriem Bensaleh, du groupe Holmarcom et Mustapha Amhal, ex-patron de Somepi. Akhennouch avait aussi, pour l'occasion, convié les deux extrémités géographiques de son réseau : Mohammed Sajid, maire de Casablanca, fortune berbère qu'il avait accueillie d'une grande accolade chaleureuse lors de la dernière édition de Caftan. Et plus au sud, Tarik Kabbaj, maire d'Agadir, un partenaire stratégique dans la région Souss-Massa-Drâa, que Aziz Akhennouch préside depuis 2003. Les médias étaient également représentés, puisque l'on pouvait reconnaître Samira Sitaïl, directrice de l'information de 2M, ainsi que des plumes et décideurs du groupe de presse Caractères, un autre bijou de famille Akhennouch.

Le casting des invités au mariage est à l'image de son empire, bâti sur trois socles : les affaires, la politique et les médias. Cependant, sa participation active dans ces centres de décision est souvent masquée par la discrétion et la timidité qu'on lui prête. “Il a horreur d'être pris en photo”, signale à ce propos un ex-associé dans les médias. Il est aussi présenté comme un patron sans goût pour l'esbroufe, comme le montre le siège du holding qu'il dirige : sis en plein quartier industriel de Aïn Sebaâ, le QG d'Akwa est aux antipodes de celui de la BMCE et son panneau d'indicateurs boursiers très Wall Street local. Il n'a pas non plus, avec ses salariés et les médias, les attitudes princières d'un Othman Benjelloun, qui fait parfumer au bois de santal l'étage de la direction de sa banque. Mais malgré, ou peut-être grâce à son côté effacé, le protégeant comme une seconde peau, Akhennouch est devenu un des hommes avec lesquels il faut compter désormais. Retour sur son ascension de l'Everest Maroc.

La mue de l’héritier
Au milieu des années 90, Aziz Akhennouch revient au Maroc après des études de marketing au Canada. Héritier désigné du holding Akwa, groupe bâti au sortir de l'indépendance par son père Ahmed Oulhaj, le jeune impétrant d'une vingtaine d'années décide de faire bondir l'entreprise familiale dans le troisième millénaire. Il pioche pour cela ses collaborateurs directs parmi ses compagnons d'études à l'université de Sherbrooke à Montréal. “Il voue un culte aux compétences et aucune à l'origine des recrues”, signale l'une de ses relations d'affaires. Sous-entendu, il ne joue pas la carte berbère quand il s'agit de gérer les ressources humaines.

La stratégie d'Akhennouch s'avère vite payante. Dès 1999, le groupe jouit d'une notoriété qui lui faisait défaut à l'époque du père. Akhennouch multiplie les initiatives qui “font parler de vous” dans le monde des affaires et dans les médias à vocation économique : introduction en Bourse de filiales du groupe, participation dans Méditelecom, relooking des stations-service Afriquia et investissement dans les médias à travers la prise de contrôle du groupe Caractères. Cependant, sur le plan financier, Akwa reste modeste, comparé aux mastodontes de l'économie marocaine, puisque le cœur d'activité du holding repose sur la distribution des hydrocarbures, dont la marge bénéficiaire est réduite à 3%. Akwa subit, de plus, la concurrence d'autres opérateurs nationaux et internationaux.

Mais le gros lézard de Aïn Sebaâ va vite muer pour rejoindre la caste des Tyranosaurus Rex du capitalisme marocain. Ceci, par la grâce du hasard, en 2002, quand la raffinerie de la Samir, à Mohammedia, se retrouve KO technique suite à un incendie. Pour éviter la panne sèche en gaz et carburants, le gouvernement ouvre les vannes de l'importation, jusque-là chasse gardée de la Samir. Grâce à cette nouvelle distribution des cartes énergétiques, Akhennouch peut abattre son carré d'as : “Nous avions investi avec Total dans un centre de stockage à Jorf Lasfar. Cette unité devait fonctionner après la libéralisation du secteur en 2009, mais l'incendie de la Samir en a décidé autrement”, explique Aziz Akhennouch. L'importation d'hydrocarbures, qui permet à ce dernier de doubler ses marges bénéficiaires, sera son cheval de bataille dans la guerre qu'il entame pour contrecarrer le monopole de la Samir. Akhennouch fait du lobbying afin de poursuivre l'importation de carburants, malgré la reprise d'activité de la raffinerie de Mohammedia. “Nous ne faisions que défendre nos intérêts face à la Samir, qui voulait retarder l'échéance de la libéralisation. Nous avons tout simplement lancé le débat sur la place publique”, confie le boss d'Akwa Group. Et quelle place publique ! Chacun des combattants tirait à boulets rouges sur l'autre par médias interposés. Aziz Akhennouch déclare la guerre à la Samir, sachant bien que le débat sur la politique énergétique du Maroc a toutes les chances de tourner en sa faveur. En face, l'ennemi n'est plus vraiment en odeur de sainteté avec de l'Etat. Ça sentirait même plutôt le gaz pour la Samir, qui n'a pas respecté ses engagements d'investissement annoncés au moment de la privatisation de la raffinerie. D'autre part, les pressions des distributeurs internationaux pour se faire payer par le Maroc se font de plus en plus fortes, ces derniers allant même jusqu'à brandir la menace de couper les robinets de carburant.

Naissance d'un magnat du pétrole
Les conditions sont alors réunies pour qu'émerge un champion national du pétrole. L'Etat est même prêt à lui faire la courte échelle : “Les pouvoirs publics ont pris conscience, à l'époque, de l'importance d'être indépendant des autres pays dans le domaine de la distribution d'hydrocarbures. Il leur fallait un groupe aux reins solides pour assumer le rôle de leader du secteur”, explique un acteur du milieu pétrolier. Cela tombe bien, Aziz Akhennouch a le profil du gendre idéal, surtout aux yeux d'Attijariwafa bank, qui, par le pouvoir de ses lignes de crédit, peut redessiner le capitalisme marocain à sa guise. La banque de l'Ona va ainsi dérouler le tapis rouge à Akhennouch, en finançant l'acquisition d'un autre grand acteur des hydrocarbures, le groupe Somepi, propriété de Mustapha Amhal. Un deal d'un milliard de dirhams, financé en grande partie par Attijariwafa. “Amhal aurait tout à fait pu être ce champion national, mais il a péché aux yeux des décideurs en décidant de s'allier à la Samir et en n'honorant pas ses prêts contractés auprès d'Attijariwafa bank”, affirme un homme d'affaires qui a suivi de près le rachat de Somepi par Akwa Group.

Pourtant, si l'on s'en tient à la logique bancaire, Akhennouch n'était pas mieux loti qu'Amhal. Encore plus endetté que ce dernier, Akhennouch est même contraint de revendre à la CDG ses parts dans Méditel pour renflouer ses caisses. Malgré cela, Attijari met le couteau sous la gorge d'Amhal pour récupérer l'argent qu'elle lui a prêté. Et de l'autre, ouvre grandes les portes de ses caisses à Akhennouch qui, sans cette manne providentielle, n'aurait jamais pu prendre des épaules de champion national. “Les cabinets d'études chargés de la fusion n'en revenaient pas. Par quel miracle, le moins fort sur le plan opérationnel, avait-il pu se payer plus puissant que lui ?”, s’interroge un banquier d'affaires ayant participé aux négociations. Aziz Akhennouch a une réponse à cette question intrigante : “Nous voulions atteindre une taille critique. Au même moment, Amhal négociait le rachat de son entreprise par des groupes étrangers. Je l'ai contacté pour lui proposer un rapprochement de nos activités. Au fil des négociations, ce rapprochement s'est transformé en rachat”.

Bien lancé sur une ligne droite, sans obstacles sur sa route, Aziz Akhennouch actionne le turbo. Quelques semaines plus tard, il acquiert Tissir gaz. Résultat de cette poussée de croissante subite : Akwa contrôle un réseau de 400 stations-service, 24% du marché des hydrocarbures et 34 % du marché gazier. C'est enfin un géant, d'une taille suffisamment respectable pour arriver à se faufiler, en 2004, dans le tour de table d'un Gulliver international, le groupe Maersk, soumissionnaire pour l'exploitation du premier quai à conteneurs du port Tanger-Med. “Nous nous sommes associés à Maersk car c'était un client potentiel de taille, dans la perspective de la concession du quai pétrolier de Tanger-Med que nous voulions décrocher”, explique Akhennouch. Son vœu est exaucé quelques mois plus tard, quand il obtient l'adjudication de cette station-service pour cargos et gros bateaux en tout genre aux portes de la Méditerranée. Plus rien n'arrête Akhennouch, adoubé champion national, qui a bientôt droit à la botte secrète des athlètes bien de chez nous : le dopage étatique. Akwa se voit ainsi confier l'approvisionnement en gaz du Maroc. Pour l'occasion, un consortium est créé en partenariat avec l'ONE et la Samir, l'ennemi d'hier. Coût du projet : 10 milliards de dirhams. “Nous avons décroché tous ces marchés suite à des appels d'offres transparents”, assure Aziz Akhennouch, comme pour balayer d'un revers de la main l'ombre de sa proximité avec les nouveaux hommes du sérail.

La paire Akhennouch - El Himma
Le plus grand exploit d'Akhennouch n'a jamais fait la Une de la presse économique. Nature du tour de force ? Avoir réussi à faire oublier (et se faire pardonner) sa proximité avec l'ex-ministre de l'Intérieur Driss Basri. C'est en effet à l'ancien vizir de Hassan II que Akhennouch doit sa nomination au G14, un think-thank créé par le roi défunt au milieu des années 90. Basri aurait même tenté de faire de son poulain un crack de l'économie (avant l'heure) en soutenant sa proposition de rachat de la Samir lors de sa privatisation. Ceci, pour deux fois moins que la valeur fixée de la raffinerie. Basri renvoyé à ses études, Akhennouch ne veut pas payer les dommages collatéraux de la chute de l'ancien homme fort du régime : “Il a tout fait pour dissocier son nom de celui de Basri”, se souvient un proche du magnat des hydrocarbures.

La formule secrète d'Akhennouch est efficace puisque, pris d'amnésie, le sérail lui renouvelle son visa royal. Dans le rôle du préposé au cachet, Fouad Ali El Himma, le nouveau numéro 2 du régime et proche d'Akhennouch. “Je ne mélange jamais amitié et affaires. Je n'ai d'ailleurs jamais profité d'un quelconque avantage ni d'un terrain”, se défend le président d'Akwa. Et des amis, Akhennouch en a beaucoup, dont certains très inattendus : “Aziz, ami de longue date, m'a appelé un jour pour nous proposer, à Mohammed Sassi (ndlr : dirigeant du PSU, parti d'extrême gauche) et à moi-même de rencontrer El Himma”, raconte Mohamed Hafid, membre du bureau politique du parti. “Hafid est un ami au même titre qu'El Himma. Ils sont différents, certes, mais ils ont en commun le bon sens”, explique Akhennouch. Ce dernier héberge dans sa villa de Bouznika, en juillet dernier, le round au sommet où El Himma chantera toute la nuit, aux représentants de l'extrême gauche, “Times they are changing” de Bob Dylan, dans sa version nouvelle ère. “Akhennouch est resté présent pendant toute la durée de la rencontre comme le ferait n'importe quel hôte avec ses invités”, raconte Hafid.

Main secourable d'El Himma dans la diplomatie avec l'extrême gauche, Aziz Akhennouch est aussi considéré comme l'œil du numéro 2 de la Maison Maroc dans le monde des affaires. Le magnat du pétrole a joué notamment un rôle crucial dans la fronde organisée en 2003 contre Hassan Chami, alors président de la CGEM. Trois ans plus tard, il est même encouragé par ses compagnons à se présenter comme candidat à la présidence de la Confédération. Cela aurait fait de lui le premier non Fassi à la tête de la centrale patronale. “Il a gentiment décliné l'offre pour des raisons de disponibilité”, signale un homme d'affaires. “Heureusement que nous avons toute latitude pour le joindre au téléphone. Vu son emploi du temps de folie, c'est le seul moyen pour que les affaires continuent de tourner. Un coup, il est à Rabat, un autre à Agadir”, explique un membre du staff d'Akwa. Des allers-retours incessants depuis 2003, année ou Akhennouch est élu à la tête de la région de Souss-Massa-Draâ.

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mimouniabdelmalek
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MessageSujet: Re: Les fortunes Amazigh (Berbères)   Jeu 14 Fév - 19:24

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Akhennouch, roi du Souss
En charge de la deuxième région la plus riche du Maroc, Akhennouch est entré dans l'arène politique avec sa retenue légendaire : “Sans étiquette politique, il fait l'unanimité dans l'instance. Les séances du Conseil démarrent à 9 heures, et tout est bouclé à 13 heures. Il était d'ailleurs candidat unique à sa propre réélection en 2006”, rapporte un membre local du Mouvement Populaire. Un parti dont serait très proche Akhennouch par héritage familial. “Nos pères respectifs sont des amis depuis l'époque de la résistance”, explique Saïd Ameskane du MP, un ponte du parti comme, avant lui, son père Mohamed Ameskane. “Approché par l'Istiqlal, l'USFP et le RNI, Akhennouch a décliné toutes les offres. Il reste attaché au MP par fidélité à l'amitié qui unissait son père et Mohamed Ameskane”, confirme un connaisseur des arcanes politiques du Souss. Des affinités électorales bien utiles, selon un autre observateur : “Son statut très particulier de sympathisant du MP, sans en être membre, lui permet de profiter de la position dominante du parti dans la région. Et de ne pas subir les inconvénients d'une image partisane qui pourrait lui nuire dans ses affaires”.

Cette possible nuisance serait minime dans la région, Akhennouch étant très peu présent dans les secteurs-phares du Souss : la pêche, l'agriculture et le tourisme. Ce qui ne l'empêche pas de retrousser ses manches pour vendre la région aux touristes. C'est ainsi que, grillant sur le fil Essaouira, Akhennouch accueille à Agadir le “concert de la tolérance” en 2006, manifestation sponsorisée par TF1. Le concert, retransmis par la chaîne française, sera un énorme coup de pub pour Agadir. Et par ricochet pour Akhennouch. Ainsi, le concert s'est déroulé, avec pour toile de fond, la Marina d'Agadir, l'un des rares investissements directs dans la région du patron d'Akwa. Et le lendemain, DM (Du Maroc), magazine lancé par ce dernier en France, a eu droit aux honneurs du journal dominical de 13 heures de TF1.

Pour séduire les investisseurs, il n'hésite pas non plus à convier la CGEM à tenir son conseil d'administration à Agadir, afin de présenter les atouts de la région. Et pour joindre l'utile à l'agréable, cette réunion s'est déroulée pendant le défilé de mode Caftan, organisé par le magazine Femmes du Maroc, propriété d'Akhennouch. Un défilé déplacé fort opportunément de Marrakech à Agadir depuis cette année. “Il était contre ce déménagement, c'est nous qui avons insisté pour des questions de logistique”, justifie Aïcha Sakhri, directrice de publication de Femmes du Maroc. Bien évidemment, une fois à Agadir, toute la machine Akhennouch s'est mise en branle pour débloquer les chambres d'hôtel nécessaires à l'organisation, aux mannequins et aux journalistes.
Et comme il n'y a plus de grand homme sans son festival, Akhennouch investit la vie culturelle en finançant le Festival Timitar, consacré à la culture amazighe. Akhennouch y reproduit sa méthode de gestion préférée : la délégation et l'exécution rapide. “Il m'a demandé de lui présenter un projet de festival dans les deux jours suivant notre premier entretien. Quarante-huit heures plus tard, il validait l'idée en me déclarant 'Tu fonces, tu as ma confiance'”, confie Brahim El Mazned, directeur de Timitar. “Il n'a qu'une exigence chaque année : avoir des têtes d'affiche pour convaincre les sponsors”, ajoute-t-il. Intervenant peu interventionniste dans l'organisation du festival, il n'est pas rare cependant de le croiser dans les coulisses, talkie-walkie à la main pour être informé du déroulement des opérations. “Il est d'un calme absolu, s'énervant rarement. Mais quand ça lui arrive, il a des colères terribles”, confie un membre de l'organisation de Timitar.

Malgré ce soutien à la culture amazighe, Akhennouch ne jouit pas d'une excellente image auprès des organisations militantes, qui lui reprochent de ne pas s'engager de manière plus ferme pour la cause amazighe. Encore une fois, pour ne pas faire de vagues malencontreuses. Pourtant, l'homme, même s'il parle très mal le berbère, semble être au fait des derniers débats sur l'amazighité. “Lors d'une rencontre, il m'a parlé avec précision de tous mes écrits”, confie Ahmed Assid, membre de l'IRCAM. Akhennouch a d'ailleurs failli intégrer le Conseil d'administration de cette instance. “Il faisait partie des noms que nous avons proposés au Palais royal en 2005. Mais c'est Ahizoune qui a été choisi”, se souvient Assid. Raïs d'ahwach de son état, ce dernier est aussi une bonne connaissance d'Akhennouch, pour qui il a animé une soirée, l'été dernier, à Aguerd Oudad, fief originel du patron d'Akwa. “Je reste attaché à ma région natale comme n'importe quel amazigh”, confie Akhennouch. Et comme tout berbère ayant fait fortune ailleurs, il ne manque pas d'en faire profiter son village au travers de projets de développement locaux. S’il reste discret sur les activités de ce type, ce n’est pas faute de journaux pour en parler.

Akhennouch, patron de médias
Aujourd'hui, Akhennouch est à la tête du groupe Caractères, éditeur de la Vie éco, de Femmes du Maroc, Nissae Min Al Maghrib et Maisons du Maroc. Un joli bouquet médiatique où il communique peu, mais qu'il sait mettre à profit pour les “grandes causes”. Explication de texte : “Je reçois un jour un coup de fil de Samira Sitaïl (ndlr : directrice de l'information de 2M) me demandant des informations sur nos supports féminins”, raconte Aïcha Sakhri, étonnée par ce coup de fil. Elle n'est pas au bout de sa surprise quand elle découvre la raison de cet appel téléphonique. Le roi veut qu'on organise une photo de famille à l'occasion de la naissance de la princesse Lalla Khadija. Quelques jours plus tard, l'affaire est dans le sac, la petite princesse pose avec Papa et Maman lors d'une séance photo, qui sera publiée dans le magazine Nissae Min Al Maghrib. Une contre-attaque sur papier glacé pour contrer le syndrome Paris Match, de plus en plus reproché par la presse marocaine à Mohammed VI. Dans la foulée, Aziz Akhennouch est invité par Femmes du Maroc à assister au montage de l'article royal. Il ne se fait pas prier, arrive ponctuel au rendez-vous, mais se fait arrêter à la porte par le vigile de service. “Il ne me connaissait pas. Quelqu'un de la rédaction de Femmes du Maroc a dû lui signaler que j'étais attendu”, en rit Aziz Akhennouch, qui n'avait jamais mis les pieds au siège de son pôle média féminin à Sidi Maârouf, à Casablanca.

Par contre, même s'il s'en défend, il surveille d'un œil plus affûté la Vie éco, compte tenu de l'influence de l'hebdomadaire dans le monde des affaires. Ainsi, lors de sa guerre contre la Samir, l'hebdomadaire économique sera l'un des principaux relais des thèses de son actionnaire principal. Ce sont également les intérêts économiques d'Akwa qui lui imposent parfois de passer sous silence des évènements d'envergure. Exemple : lors de la démission de Khalid Oudghiri, PDG de la plus grande banque du royaume, la Vie éco ne publiera pas un mot sur l'évènement, qui pourtant défraie la chronique. “L'information est tombée un mercredi. Se borner à dire que M. Oudghiri a démissionné pour des raisons personnelles est une information qui est périmée vendredi. C'est pour cela que nous n'avons pas traité ce sujet”, justifie Fadel Agoumi, directeur de publication de La Vie économique. Pour les initiés de la politique médiatique d'Akhennouch, la véritable raison est ailleurs. “Un article sur Oudghiri dans cette conjoncture n'aurait pu se faire sans une prise de position. D'un côté, Akhennouch n'a aucun grief contre Oudghiri, patron de la banque qui l'a aidé à racheter Somepi. De l'autre côté, il n'a pas voulu non plus courir le risque de s'attirer les foudres des patrons des holdings royaux”, contredit un connaisseur des arcanes du groupe. Sans oublier qu'Attijariwafa est actionnaire à hauteur de 10% dans le groupe Caractères.

Cette stratégie de black-out n'est pas nouvelle chez Akhennouch. La Vie éco ne parlera jamais du cas Basri, alors que ce dernier faisait les choux gras de la grande majorité de la presse nationale, depuis son exil parisien. Parler de Basri, c'est risquer de déterrer les vieux liens qui l'unissaient à Akhennouch. Au moment du rachat de La Vie éco, Akhennouch s'est retrouvé affublé d'un rédacteur en chef, Fouad Nejjar,dont la mission est de tenir la maison Basri en ordre. “Il est clair que Nejjar prenait ses instructions ailleurs”, affirme de manière faussement mystérieuse un ancien membre du groupe Caractères. “La rédaction était en arrêt technique pour protester contre son rédacteur en chef. J'ai dû intervenir personnellement pour leur expliquer la situation”, raconte Akhennouch. Teneur du discours : impossible pour le magnat d'évincer le “représentant” de Basri, encore au pouvoir. Le rapport de forces s'est inversé aujourd'hui, avec la montée en puissance d'Akhennouch, si bien que certains annoncent déjà le magnat des hydrocarbures comme ministrable. À la question, Si Aziz sort son joker : “Je passe !”. C'est tout lui : peu loquace, fuyant les projecteurs. Un empereur aussi puissant que discret.


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mimouniabdelmalek
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MessageSujet: Re: Les fortunes Amazigh (Berbères)   Jeu 14 Fév - 19:24

Les fassis ne sont pas les seuls marocains doués en affaires.
Le grand capital amazigh a aussi ses stars, son histoire et ses particularités


En privé, le Premier ministre Driss Jettou se présente sereinement comme "un artisan de la chaussure". Un industriel du cuir, de père épicier, qui a gravi tous les échelons du succès économique et politique. Le maire de Casablanca, Mohamed Sajid, a la fière réputation d’un homme d’affaires, bailleur de fonds d’ONG de Taroudant, appelé à la rescousse de la politique
locale. Le magnat de l’industrie, Aziz Akhennouch, affiche, à la tête de la région Souss Massa qu’il préside, la ferme volonté de ressusciter sa région et sa culture. Un industriel de B’ni Iznassen, tout aussi puissant, Mohamed Hassan Bensaleh, a suffisamment la cote auprès du Palais pour qu’on le désigne discrètement premier non-Fassi éligible à la présidence de la CGEM. C’est clair, les grandes fortunes berbères deviennent plus visibles. La tendance n’est pas nouvelle. Le bureau d’études Novaction avait prédit au début des années 80, chiffres à l’appui, que "dans vingt ans, le capitalisme soussi supplanterait son rival fassi". Le temps est passé, mais la tendance n’a pas été totalement inversée. À défaut, on vit un remake de l’équipe de résistants riches, venus du Sud, qui gravitaient autour de Mohammed V (Ahmed Oulhaj Akhennouch, Abdellah Abaâkil, Mohamed Amhal, Mohamed Wakrim et Mohamed Aït Manna). Une génération et quelque plus tard, les mêmes noms, ou presque, tiennent le haut du pavé de la bourgeoisie d’affaires berbère. Economiquement, comme ethniquement, voire sociologiquement, les grandes fortunes berbères ont une histoire propre à raconter.

De l'épicerie au holding
Un peu d’histoire est nécessaire. Les Berbères, non Chlouh (Soussis), dont les plus illustres sont les Bensaleh, Demnati et Lyoussi, tiennent leur fortune subite d’un père caïd, propriétaire terrien ou exploitant minier au temps du protectorat. Ceux qui n’ont pas été dépossédés de leur patrimoine (notamment Glaoui) ont su tirer profit d’une parenthèse historique. Ils n’ont rien de commun avec les Chlouh du Sud qui accumulent leurs fonds depuis des siècles. Ces derniers sont traditionnellement des commerçants, des caravaniers, qui sillonnaient le Sahara jusqu’aux confins du Soudan. Prenez le fameux transporteur Aït M’zal. Il descend d’une tribu de caravaniers. Avec la bénédiction du Makhzen, il a remplacé le chameau par le bus. Mais lorsqu’il a voulu soumissionner pour la CTM en privatisation, rapporte cet expert dans le secret des dieux, "Hassan II a apposé son veto".
D’autres ont d’abord eu un réseau national d’épiceries sous la main (160 chez Abdellah Abaâkil, 300 chez Moulay Massoud Agouzzal, etc). "Quand Agouzzal est venu me demander un crédit de 90 millions de dirhams pour acheter une sucrerie, le siège à Rabat a considéré que ses échoppes suffisaient comme garantie pour le lui accorder", raconte l'économiste Omar Akalay, chef d’agence bancaire à l’époque. La capacité de l’élite soussie à muter du petit commerce à la grande industrie a certainement une explication culturelle. "C’est une société paradoxalement solidaire et individualiste", note l’anthropologue Mohamed Alhyan. Amenés historiquement à survivre en quittant leurs terres arides et hostiles, "les meilleurs commerçants se voient confier par leur famille ou membres de la même tribu des fonds pour les faire fructifier ailleurs". La solidarité ne suffit pas pour comprendre l’esprit d’entreprise des gens du Sud. "Ils ont en commun avec les Fassis, écrit l’ancien ministre des Finances, Mohamed Berrada, le sens de l’innovation, la recherche du risque et la mobilité géographique". Le plus mobile de tous est Moulay Boujemaâ Ghennage qui doit, selon Akalay, son patrimoine hôtelier à son réseau de supérettes lancé depuis 1963 en Europe. La tendance n’est pas nouvelle, d’ailleurs. "Les Soussis sillonnent les ponts des deux rives de la Méditerranée", rapportait Hassan El Ouezzan, dit Léon l’Africain.
Tout cela est bien beau, mais les leviers politiques n’ont pas manqué non plus, et ce dès le début de l’indépendance. Certes, les hommes du Makhzen en ont profité en priorité. Mais Haj Omar Tissir (alias Ness Blaça), pour ne citer que lui, en faisait partie et cela lui a valu une nomination en or au conseil d’administration de la BNDE. Principale pourvoyeuse d’agréments, de construction entre autres, "cette institution bancaire lui a permis de consolider sa place comme leader du bâtiment et des travaux publics", raconte l’un de ses compagnons. Il est vrai que les Fassis ont eu une plus grosse part du gâteau, prééminence du parti de l’Istiqlal oblige. Mais entre 1959 et 1960, il y a eu une parenthèse heureuse. "Sous le gouvernement Abdellah Ibrahim (UNFP), le critère majeur pour accorder des licences d’import n’était pas l’appartenance ethnique, mais le fait d’être anti-istiqlalien. Et les Soussis répondaient souvent à ce critère", explique Akalay. C’est ainsi que des nantis comme Abaâkil et Kassidi ont pu devenir les principaux négociants de blé au Maroc. "Leur marge de bénéfice était tellement grande, note Ahmed Benkirane, alors secrétaire d’État au Commerce extérieur, qu’ils ont réussi, au moment de la marocanisation (après 1970), à acquérir des minoteries juteuses".
Quoique proches des socialistes et provenant d’une région de "frondeurs", ces nouveaux capitalistes s’affirment à l’ombre du sultan, et avec sa bénédiction quand il le faut. Agouzzal a racheté Chimicolor directement à la famille royale. Aït Menna doit beaucoup à son associé Salah Kabboud, qui était par ailleurs le moniteur de golf de Hassan II. Les autres exemples abondent. Mais il serait très réducteur d’expliquer l’ascension des Soussis uniquement par leur proximité du Palais. La preuve, au milieu des années 70, le ministère de l’Intérieur décide de casser les reins des nouveaux venus, Soussis en particulier, dans le domaine du textile. Comment ? Alors que le secteur était protégé et l’importation interdite, il crée une société écran, Zgafimex, qui distribue les licences à gauche et à droite permettant de noyer le marché par des produits venus de l’Europe de l’Est. Autre preuve, lorsque Hassan II leur demande de créer un holding régional au début des années 80, leur réaction est plutôt molle. Abdellah Azmani, Abderrahmane Bouftass et Mohamed Aït M’zal s’empressent de fonder la société Touizi (dérivé de Touiza, forme traditionnelle de solidarité), juste pour lui faire plaisir. Ce sera un bluff d’allégeance. Une manière très soussie de ne pas dire non.
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mimouniabdelmalek
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MessageSujet: Re: Les fortunes Amazigh (Berbères)   Jeu 14 Fév - 19:25

Alliances multiformes
Si aujourd’hui le capitalisme berbère a si fière allure, c’est que du chemin a été parcouru au sein des entreprises. Au début, la force de chacun fut sa spécialisation. Les pionniers de l’agro-alimentaire (Bouftass, Tazzit, Belhassan) ont réussi à se maintenir parce qu’ils travaillent en vase clos avec le réseau d’épiceries. D’autres plus puissants, comme Agouzzal, ont réussi à maîtriser toute la chaîne de leur filière (tanneries, peinture industrielle) en multipliant les acquisitions. D’autres investisseurs ont fait montre de suffisamment de capacité d’adaptation pour savoir changer de cap. C’est le cas de la famille Raji. Grands négociants du thé après l’indépendance, ils se sont reconvertis, après la nationalisation de l’Office national du thé et du sucre, dans la promotion immobilière. Aujourd’hui que le secteur s’est re-libéralisé, ils reviennent de plus belle avec une marque phare sur le marché (Sultan). "À ce stade, industriel, moderne, les ressorts traditionnels de la solidarité soussie, tel 'Adoual' (travail sans rémunération, compensé par une part du chiffre d’affaires), pratiquée dans les petits commerces, n’est plus à l’ordre du jour", démontre Alhyan. Mais pour mieux réussir, les Soussis se mettent souvent en binôme, voire en trio. "C’est parfois une manière de transposer la solidarité tribale", comme pour le trio Jettou-Bouftass-Tazzit. D’autres fois, c’est une connivence historique, politique, comme l’illustre le couple Akhennouch-Wakrim, inséparables depuis le mouvement national. D’autres fois encore, le tribal et le politique justifient l’alliance. Ainsi de Kabboud-Aït Manna, unis par Demnat et les circuits de golf.
À mesure que grossit le portefeuille de ces capitalistes, le maître mot devient "diversification". Les premiers holdings datent de 1973. À l’époque, ils ne sont pas exclusivement berbères, puisque Kassidi et le très Fassi Mohamed Karim Lamrani faisaient équipe dans le groupe Tarik Anoumou. Deux ans plus tard, la famille Lyoussi leur emboîte le pas, avec Omfipar. "À mesure que grandissent les groupes, le besoin d’avoir un pôle financier devint pressant", explique l’économiste Mohamed Saïd Saadi. Or, depuis que Houcine Demnati avait tenté, en 1944, de créer avec Jean Epina, fondateur de l’ONA, une banque d’affaires, le rêve de diriger une institution financière est resté en suspens. Pour l’exaucer, un groupe d’investisseurs (Taïssir, Bouftas, Aït Menna) emmenés par Najem Abaaqil (majoritaire avec 23 %), entreprennent d’acheter 80 % de la BMAO (Banque marocaine d’Afrique et d’Orient) en 1974. "Il s’agissait pour eux de démocratiser l’accès au crédit. À l’époque, il fallait avoir un nom qui sonne fassi pour ne pas attendre indéfiniment le déblocage d’un prêt", raconte le banquier Akalay. Quelques années plus tard, le projet est mort et la banque a été absorbée par la BNDE. Le groupe d’actionnaires a payé 200 millions de dirhams dans la douleur. Ce fut le premier échec cuisant de la finance berbère naissante. Les explications divergent. Certains pensent qu’ils se sont comportés avec cette banque comme avec "une vache à lait", d’autres leur reprochent "leur manque de professionnalisme". Mais tous pointent du doigt Abaaqil, aujourd’hui en fuite dans la fameuse affaire des minotiers. Pourquoi la banque des Berbères, pourtant connus pour leurs agadirs*, a-t-elle failli ? Manque de compétence ou incapacité à tenir tête aux mastodontes de la place ? L’autre échec, celui de l’Algemeine Bank, emmenée par Kassidi, fait penser aux deux, selon les spécialistes.

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MessageSujet: Re: Les fortunes Amazigh (Berbères)   Jeu 14 Fév - 19:27

Mais au-delà des explications techniques, les fortunés, berbères comme fassis, subissent depuis la fin des années 80 un climat malsain, hostile à l’investissement, distillé par Driss Basri, sur instigation du roi. Se succèdent à l’époque plusieurs attaques frontales. Il y a d’abord eu la hamla contre la hausse artificielle des prix dans les épiceries. "C’est bien fait pour eux", disait-on ici et là, assimilant les tenants de ces échoppes à de "voraces usuriers". Frappés par des amendes qui dépassaient de loin leurs chiffres d’affaires, certains épiciers se suicidèrent (le cas d’un commerçant de l’Agdal reste dans les annales). Ensuite vint l’opération Mosquée Hassan II. "Elle a été vécue par les fortunés comme une opération de dépouillement programmé", rapporte Akalay. Enfin, arriva le fameux assainissement de 1995.
Autant les hommes d’affaires berbères se sont vite relevés de leurs échecs bancaires, autant ils ont eu du mal à surmonter la méfiance née de ces assainissements arbitraires. "Les Soussis sont connus pour leur flair commercial et leur côté batailleur", explique Mohamed Berrada. Pour surmonter la débâcle bancaire, le jeune Bensalah s’est très bien redéployé dans les assurances. Son alter ego, Aziz Akhennouch, a bien repris l’affaire de son père et fondé un holding puissant. Le cas de ces deux leaders "nouvelle génération" est exceptionnel, mais pas forcément représentatif. Pourquoi ?
Primo, ils font partie d’une petite poignée qui a décidé de s’accrocher aux hommes du pouvoir (ils sont très proches de Fouad Ali El Himma) pour avoir plus de visibilité et prévenir les mauvais coups avant qu’ils ne soient déclenchés. Avec d’autres, comme Mustapha Amhal, ils sont la partie visible de l’iceberg. "La plupart, invisibles, font tourner les affaires courantes et thésaurisent, par pure méfiance", remarque ce banquier qui déplore la surliquidité générale. Deuxio, mis à part ces premiers de la classe, merveilleusement bien cooptés, "les Berbères continuent de buter sur le mur financier, seul à même de leur donner des ailes", note Saïd Saadi. Il pense que sur ce plan, les Fassis ont toujours une longueur d’avance. Quoique "la plupart de nos banques soient réellement managées par des étrangers", estime Mohamed Berrada. Tertio, excepté Akhennouch dont le père a eu l’intelligence de le laisser faire de son vivant, parce qu’il avait confiance en ses compétences, "la plupart demeurent freinés par le traditionalisme de pères qui ne veulent pas lâcher prise, quitte à aller vers la faillite". Le cas de Tissir étant le plus symptomatique d’une fortune estimée en 1978 à 280 millions de dirhams, qui est aujourd’hui complètement engloutie. Enfin, ces jeunes diplômés qui parviennent à booster des affaires aussi juteuses ne sont pas légion. La faute à qui ? Au makhzen, à la fuite des cerveaux, à l’absence d’une politique d’investissement, à l’inféodation de la justice et à bien d’autres maux qui nous rongent. Parce que, sinon, les capitalistes soussis auraient pu facilement faire mieux que les Fassis. Ou au moins pareil

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MessageSujet: Re: Les fortunes Amazigh (Berbères)   Jeu 14 Fév - 19:28




Famille Abaâkil

La fortune des Abaâkil est liée à l’histoire de son fondateur. Abdellah Abaâkil, né dans la région de Tafraout, a entamé sa vie active à Tanger en tant que commerçant. Au moment de l’indépendance, on lui attribue plus de 160 épiceries. Entreprenant, il s’appuie sur deux familles très en vue dans la région du Nord, les Derhem et les Bouaida, pour fonder une minoterie à Tanger et, en 1962, une usine de fabrication de piles (Electrochimie Africaine). À l’époque, il était proche de l’UNFP et compte parmi ses fondateurs. Plus tard, il a pris ses distances par rapport au parti et s’est consacré à ses affaires. À la fin des années 60, il prospecte dans la région d’Agadir et achète le terrain sur lequel sera bâti, près de cinq ans plus tard, l’hôtel Anezi. De retour d’Agadir, il décède en 1970 dans un crash d’avion. Ses deux frères ont, dès lors, entrepris de développer le patrimoine familial, mais chacun de son côté. Najem Abaâkil, détient d’importants intérêts dans l’industrie agro-alimentaire, le textile et la finance. Son frère Houcein Abaâkil, développe surtout la promotion immobilière en plus du contrôle d’Electrochimie Africaine. De son côté, le fils de Abdellah, Azeddine Abaâkil, a monté une affaire dans les matériaux de construction (Société Sadet) à Rabat.



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MessageSujet: Re: Les fortunes Amazigh (Berbères)   Jeu 14 Fév - 19:28

Famille Tissir

Qui ne connaît pas Haj Omar Ness Blassa ? Caractère du pionnier qui part de zéro, Haj Tissir a commencé comme tâcheron dans des sociétés de construction. Il a travaillé dur jusqu’à bâtir un empire dans le BTP. La CGEM étudie l’idée de lui consacrer un hommage à titre posthume. En effet, Haj Tissir a brisé le monopole des étrangers sur la construction des gros œuvres, comme les barrages, routes, ponts… La politique de la marocanisation lui apporte un cadeau en or. Il prend 50 % de la société marocaine Chaufour Dumez, la filiale d’un géant français des BTP. "Haj Tissir a fait gagner à l’État des milliards en brisant le monopole des étrangers qui se faisaient payer en devises", confie Ahmed Benkirane, membre de la CGEM. En contrepartie, Haj Tissir avait sous sa coupe des projets d’envergure, comme l’autoroute de Casablanca. Malheureusement, le printemps Tissir s’est achevé brutalement après la mort du fondateur. D’après un témoin de cette époque, l’État, les banques et les conflits au sein de la famille ont porté un coup dur à la fortune familiale. Il n'en reste actuellement que des souvenirs


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MessageSujet: Re: Les fortunes Amazigh (Berbères)   Jeu 14 Fév - 19:29

Famille Aït Menna

Haj Aït Menna, le grand golfeur, originaire de Demnat, a fait du BTP son royaume. Parti de rien, il aurait même fait, à ses débuts, le trajet de Denmat à Casablanca à pied, Aït Menna travaillait dans une société de construction et de travaux publics. Sa baraka tire son origine de son alliance avec Haj Salah Kaboud, originaire de Demnat également, qui lui permet d’approcher Hassan II. Les deux hommes font route ensemble. Son patrimoine prend forme avec l’achat en 1975 de la société Anciens établissements Maysonnier, spécialisée dans le négoce du bois. La même année, il prend, aux côtés de Kaboud, une participation dans la Société générale des routes maghrébines. En 1980, il entre dans le capital de Gouvernec, où siégeait Najem Abaâkil, aux côtés de Youssefi et Kaboud. La mort du Haj l’année dernière n’a pas arrêté l’essor de la famille. Les fils continuent à gérer le patrimoine, en plus d’une diversification dans la fabrication d’emballage métallique (Mag Métal) et l’assainissement dans le bâtiment (Sotracov).


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MessageSujet: Re: Les fortunes Amazigh (Berbères)   Jeu 14 Fév - 19:29

Famille Akhennouch

Ahmed Oulhaj, le père du très médiatique Aziz Akhennouch, a fondé, pendant la période du protectorat, une fabrique de marbre. Son soutien à la résistance lui a valu la démolition de son fonds de commerce. Il récidive avec l’achat d'un bateau de pêche. L’affaire ne lui plaisait pas beaucoup l’incitant ainsi à investir dans la distribution de produits énergétiques.
Au moment de l’indépendance, il disposait de deux stations de distribution, l’une à Agadir et l’autre à Casablanca. Les Akhennouch étaient proches du mouvement national. Le père fondateur est marié à la sœur de Benabdelali, le trésorier de Ben Barka. Ses appuis, proches des centres de décision, lui ouvrent le marché de l’OCP qui était sous le monopole des étrangers. L’alliance à la famille Wakrim lui permet de booster son patrimoine, qui passe de la simple distribution à l’industrie pétrochimique sous l’enseigne Afriquia. Plus tard, quand le fils prodige revient du Canada, il prend les rênnes du patrimoine familial, le consolide dans le cadre d’un holding et le diversifie. Actuellement, le groupe compte plus d’une quarantaine d’entreprises avec un chiffre d’affaires de 5 milliards de dirhams. La diversification comprend un nouveau pôle télécoms, incluant Network, des participations dans Méditelecom et dans la distribution de GSM. Dernière diversification, le groupe se lance dans la gestion portuaire puisqu’il est associé à Maersk dans l’offre pour la gestion du quai de containers de Tanger Med.



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MessageSujet: Re: Les fortunes Amazigh (Berbères)   Jeu 14 Fév - 19:31

Famille Bensalah

Abdelkader Bensalah a profité de l’ère d’ouverture de l’après protectorat. Ainsi, en 1962, Hassan II fait fi de l’interdiction de vendre les terres françaises et obtient une dérogation pour Bensalah. Ce dernier y gagne 700 hectares de terres irriguées. Dans le mouvement de la marocanisation, il reprend les sociétés Oulmès, Le comptoir Métallurgique et Orbonor, qui étaient détenues par des Français. Hassan II nomme Moulay Hafid Alaoui en tant qu’administrateur dans ces sociétés. Mais ce dernier avait, selon des témoins de l’époque, une participation au capital, ce qui lui permettait de jouer le rôle de protecteur. D’ailleurs, pour chaque participation prise par la SNI dans les sociétés marocanisées, Bensalah était présent. C’est ainsi qu’au début des années 70, la famille Bensalah s'ouvre la porte des assurances par l’achat de l’Entente (8 %), d’Al Amane (5 % en 1975) et d’Atlanta en 1977. Des années plus tard, Mohamed Hassan Bensalah, le fils, renforce sa présence dans l’assurance par l’acquisition de la Sanad. Le passage au holding s’imposait de plus en plus avec l’ambition de la diversification. Le groupe Holmarcom est actuellement le détenteur de la carte Pepsi et dispose de participations dans l’aéronautique à travers la Regional Air Lines. Dernièrement, il aurait pris des participations dans le projet d’aménagement de la baie de Sâidia aux côtés de l’Espagnole Fadesa.


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MessageSujet: Re: Les fortunes Amazigh (Berbères)   Jeu 14 Fév - 19:31

Famille Amhal

Haj Mohamed Amhal a choisi le secteur de la pétrochimie. Dès l’indépendance, les Amhal se sont lancés dans la distribution des produits pétroliers. La société Somepi fut construite en 1975 sur ces bases, avec une dominance dans le gaz. Certains attribuent à Driss Basri, l’ex-ministre de l’Intérieur, une main dans la réussite de la famille Amhal. En tout cas, les Amhal ont bénéficié du tracé urbanistique pour faire fructifier leur patrimoine foncier. Ce qui constitue une réserve de taille. Les héritiers de Haj Mohamed, dont le plus connu est Mustapha, ont su prendre leur élan à partir de ce patrimoine. Mustapha Amhal commence par restructurer le groupe en renforçant le pôle gaz. Une alliance avec la Samir en 2002 lui permet de mettre un pied dans le raffinage. Mais c’est en 2003 que le groupe changera de physionomie. Mustapha se lance dans les produits à grande consommation. Il construit une usine à Mohammedia pour la fabrication de détergents. Puis se focalise sur la boisson gazeuse en lançant la marque Ice Cola. Tout récemment, il attire les Saoudiens Savola pour le lancement d’une nouvelle marque d’huile de table et de lait. Le groupe a un chiffre d’affaires de plus de 4,5 milliards de dirhams


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MessageSujet: Re: Les fortunes Amazigh (Berbères)   Jeu 14 Fév - 19:32

Famille Agouzzal

Moulay Messaoud Agouzzal était distributeur de produits alimentaires, surtout les huiles raffinées. Il développe son commerce pour s’imposer comme un grossiste à l’aube de l’indépendance. On lui attribue plus de 300 épiceries. Il faut attendre les années 70 pour voir émerger un groupe spécialisé dans la tannerie. En 1973, il achète plusieurs unités dont la tannerie Delecluse et la tannerie Jean Carel, ainsi qu’une conserverie de poissons. En 1978, il ajoute à sa collection la tannerie Klein (devenue tannerie du Maroc). À la même période, il demande un crédit de 90 millions de dirhams à une banque de la place pour acheter des sucreries, et il l’obtient sans garantie. À la fin des années 70, il était classé 4ème en terme de puissance financière. Une force qui allait se renforcer davantage par le rachat de Chimicolor. Le groupe Agouzzal compte actuellement plus de 14 sociétés dont notamment les tanneries de Meknès, Fimétal-Maroc, Chimilabo, les conserves de Tan Tan, Caplam… Le groupe se caractérise par une intégration en amont et en aval : il maîtrise la chaîne de la matière première à la fabrication de produits finis.


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MessageSujet: Re: Les fortunes Amazigh (Berbères)   Jeu 14 Fév - 19:32

Et les autres…

Le capitalisme berbère a connu de grandes sagas. Des noms comme Aït M’Zal, Bouftass, Belhassan, Tazzit… ne peuvent être ignorés. Certains d’entre eux ont atteint des tailles assez critiques comme Belhassan dans la région du Souss. Les Aït M’zal sont connus pour être une famille de transporteurs, mais aussi des financiers. La famille a des participations à la Société Générale. Comment des transporteurs ont-ils atterri dans la banque ? "Il y avait un groupe d’amis du Haj Aït Mzal qui siégeait dans le capital de la Société Générale Marocaine des Banques. Ils l’ont poussé à l’intégrer surtout qu’à l’époque la participation valait trois fois rien par raport à son patrimoine", raconte un proche de la famille. Les Bouftass, quant à eux, sont présents dans la distribution de produits chimiques et agricoles depuis 1972, via Promagri, et dans l’industrie de la chaussure via Au Derby, d’ailleurs le nom de Driss Jettou est associé à cette enseigne. Actuellement, la famille Bouftass a dans son giron plus d’une quinzaine de sociétés.
Les Bicha, une autre histoire du Souss qui se poursuit jusqu’à nos jours, opèrent dans la pétrochimie à travers la société Petromin-oils. Mais aussi, dans l’industrie agro-alimentaire par, entre autres, les Conserveries marocaines Doha. Le patrimoine familial est assez diversifié, puisqu’il va de l’agriculture à l’hôtellerie en passant par le pétrole.


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